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daniel Balavoine, l'énigme du désert.

2017

Quelque part dans le désert du MALI, repose la vérité sur le tragique « accident » qui a emporté le 14 janvier 1986 l’organisateur du PARIS-DAKAR Thierry SABINE, le chanteur populaire Daniel BALAVOINE, l’un des meilleurs pilotes d’hélico de sa génération François XAVIER-BAGNOUD, l’excellent technicien du son Jean Paul LEFURE et la dynamique journaliste Nathalie ODENT.

Une enquête établie par l’aérospatiale n’a jamais été rendue publique à ce jour pourquoi ? Ni le crash, ni le redécollage de l’hélico ne furent jamais convenablement expliqués ! Laissant le champ libre à de nombreuses spéculations certaines sérieuses, d’autre fantaisistes. 25 ans après les faits qui ont endeuillé la France dans cette funeste année 1986, je vais tenter de faire la lumière sur ce drame en reprenant l’enquête à zéro depuis le départ de GAO jusqu'à l’impact fatal à 8 kms de leur destination, le Bivouac de GOURMA-RHAROUS.

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14 janvier 1986 le destin est en route pour Daniel BALAVOINE et Thierry SABINE. Réunis sous le soleil malien, ils participent chacun, à leur manière, au Paris-Dakar. Daniel concentre toute son énergie à son association qui installe des pompes à eau pour aider la population locale. Thierry le rejoint à GAO où Daniel est en grande discussion avec le gouverneur local.

Je les « rejoins » sur place pour commencer mon « enquête ». Nous sommes 10h25 AM, je trouve Daniel heureux, tout va dans son sens. Par contre, Thierry semble tendu.

Son hélico est prêt au décollage, il peut contenir cinq places. 14h00 : l’après-midi s’annonce très actif Sabine participe avec Daniel au coup d'envoi d'un match de foot. Vers 15h30 je le suis, il quitte provisoirement Daniel pour aller discuter des détails concernant l’étape du jour ; un rapport lui est remis, je « cible » dessus et je peux lire que l'on parle d’attaques possibles de « maraudeurs » du désert, certains participants ont été pris pour cible en essuyant des coups de feu.

Je peux noter qu’il s’entretient avec deux personnes que j’identifie comme JL ROY et Yann A. BERTRAND qui sont les photographes officiels de la course. Ils viennent lui annoncer qu’ils renoncent aux deux places disponibles sur l’Hélico et qu’ils prendront l’avion pour Bamako. Je retourne auprès de Daniel qui semble attirer par un magazine jeter à terre. Il le ramasse, il s’agit d’un journal local qui parle d’accident d’hélico, ce fait le fait sursauter : il est pris d’une angoisse attisée par sa peur chronique de voler, il ressent un étrange pressentiment. La journée commence à toucher à sa fin. Thierry doit décoller sans plus attendre, sans quoi l’hélico n’aura plus assez de visibilité pour parcourir les 200 km qu’ils le séparent de l’arrivée de l’étape du jour soit GOURMA-RHAROUS. Il s’adresse maintenant à Daniel et l’invite à le suivre à bord de l’hélico ; je note que Daniel refuse, il a peur, il préfère dormir à GAO et le rejoindre le lendemain par un vol local.

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Thierry insiste, je l’écoute « allez viens Daniel ce sera ton baptême de l’air et notre pilote est un as tu risques rien ; à ce moment là, Jean-Paul LEFURE, brillant technicien, s’invite spontanément pour une place libre et invite également Daniel à accepter. Encore une fois, je ressens que Daniel est très angoissé mais je le vois céder car Thierry vient de lui promettre de le débarquer en route si jamais ce dernier souhaite effectuer le reste du parcours dans un véhicule officielle qui accompagne le raid. Il est 17h15 PM à la montre de SABINE, le jeune pilote François Xavier- BAGNOUD actionne les rotors de l’ hélico qui quitte le tarmac de l’aéroport de GAO. Je prends place à bord et observe. Tout semble se dérouler normalement même Daniel semble être ravi du vol. 18h10 PM l’hélico se pose à GOSSI où Thierry descend pour discuter avec un concurrent de l’étape, j’écoute « Alors tout va bien ? oui ça va mais il a eu du grabuge, certains de nous ont essuyé des tirs, soyez très prudent ! Votre hélicoptère peut-être une cible vulnérable, Ok on fera gaffe bonne continuation » A cet instant, le visage de SABINE se crispe, il ne peut renoncer à parcourir le reste du parcours, il n’a jamais eu peur de sa vie et cela ne va pas commencer maintenant ! Sa décision est prise on redécolle mais avec un passager en plus, la journaliste Nathalie ODENT qui prend place au côté de Daniel. L’ambiance à bord semble se tendre Xavier- BAGNOUD fait savoir à Thierry que la visibilité descend dangereusement et qu’il serait plus sage de se poser et de terminer le parcours en véhicule ; sur ce point, je le vois appuyer par Daniel qui rappelle à Thierry sa promesse de GAO. A contre cœur, Thierry ordonne a Xavier BAGNOUD de poser l’ hélico et prévient par radio de la situation en demandant un véhicule. Thierry s’adresse à l’ensemble de l’équipage, j’écoute « Bon ok on va se poser, dommage quand même, il ne reste plus que 22km ». Nous nous posons, le vent de sable semble avoir redoublé on ne voit pas à 2 mètres devant soit. Un véhicule s’approche, c'est un concurrent du rallye, Thierry l’intercepte en lui indiquant d’avertir qu’il attend une voiture pour venir les chercher il est 19h05 PM.

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Le concurrent reparti, il advient un fait totalement inattendu ; une série de coups de feu se fait entendre, les balles sifflent autour de la carlingue de l’hélico, on subi une attaque ! Un véhicule surgis du néant transportant plus de cinq hommes lourdement armés tirent sur nous. Thierry crie "tous à bord !" Xavier active les rotors, "on se tire de là !" Malheureusement, je dois constater qu’une balle a touché grièvement Nathalie à la cuisse gauche, l’artère fémorale semble atteinte. Nous fonçons droit dans la nuit noire à l'aveuglette. 19h18PM, j’entends la conversation à bord Thierry " tiens le coups Nathalie nous ne sommes plus qu’à quelques km de GOURMA" Xavier : "j’ y vois rien dans cette poisse je me guide au feu de ce 4x 4x" "Daniel, vite, vite Nathalie est en train de se vider de son sang !" Je n'ai pas le temps de me détacher de leurs discussions qu’un bruit sourd vient de se faire entendre ; un objet vient de s’encastrer dans le bloc moteur, je me précipite pour aller voir il s’agit d’une grenade tirée par un fusil ! Impossible aux occupants de l’hélico d’intervenir, c’est la fin. Une effroyable détonation se fait entendre, l’appareil est disloqué en deux en enflammant la nuit. A 19h20 PM, toute vie a cessé à bord de l’hélico. Mais je refuse d’en rester là, il me faut savoir d’où provenait la grenade qui a atteint l’hélico. Je remonte le temps et suis la trajectoire de la grenade je rejoins le « tireur », il est assis dans le véhicule qui nous a attaqué précédemment se sont certainement les « maraudeurs » du désert. 25 ans après, pour moi, la lumière est faite sur ce drame : l’hélicoptère a été abattu par une grenade lancée à distance.
Etait-il viser intentionnellement ?
Sans pouvoir en être certain je pense que oui.
Pour quel motif en voulait-on à l’équipage ? encore une question qui restera à jamais sans réponse.



Michel Genovese pour AVS

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