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Mike Brant, une voix eternelle.

2017

Le 25 Avril 1975 à Paris, un homme à qui la vie a tout donné est entrain de courir vers son cruel destin.
Il était beau comme un ange et chantait comme un Dieu, mais la vie lui a tout repris.
Après plus de 42 ans, son nom resten encore dans les mémoires : Il s'appelait Mike Brant.

Il fait un temps maussade en cette journée du vendredi 25 avril 1975, je perçois un jeune homme tourmenté par la vie qui, quelques mois plus tôt, a déjà frôlé la mort. Il cherche désespérément une voie de sortie à l’existence dorée dans laquelle il s’est laissé volontairement entrainé.

A son coup est bien présent son collier fétiche porte bonheur composé d’un pied et d’une corne en or, c’est à travers celui-ci que je cherche les raisons de ce mal-être en remontant le temps.

Nous voilà quelques années plus tôt dans la ville de Los Angeles.
Les années 1960 arrivent à leur terme et le jeune homme qui s’appelle encore Moishe Band est en tournée aux Etats Unis avec l’orchestre d’ISRAEL. Il rêve d’une fabuleuse carrière de crooner à la Franck Sinatra.


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En suivant ses pas, je débouche devant un quartier "secret" de la ville des Anges où une petite échoppe d’antiquaire attire la vue de jeune Israélien. Tout est fait pour attirer son attention, on dirait même qu’elle agit comme un aimant sur sa personnalité qui, déjà à l’époque, était fragile.

Prenant place à ses côtés, j’entre avec lui dans ce petit local plutôt austère où un très vieux monsieur nous reçoit poliment mais sans plus. MOISHE recherche des réponses aux souffrances de son adolescence.
Il questionne le vieil homme qui, étonnamment, semble tout connaitre tout de sa vie ! Il lui promet qu’il brillera par sa présence et son talent mais qu’il en devra payer le prix !

Nous avons ici affaire à des forces obscures que le jeune Moishe ne semble pas craindre à mon humble avis, il sous estime dangereusement les dangers qui le guettent, la soif de gloire et de reconnaissance et bien plus forte que la prudence nécessaire !


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"Armé" de ce collier porte- bonheur, il retourne dans son pays natal et il entame une autre tournée qui le portera dans les bras de son destin au Liban. Dans la capitale de ce qui était appelé à l’époque la Suisse du Moyen-Orient, sa route croise celle d’un artiste français en vogue à l’époque qui servait pour l'occasion de "garde du corps" à la vedette internationale Sylvie Vartan. Je veux bien sûr parler ici de Carlos.

"Coup de foudre" immédiat ! Il perçoit dans le jeune chanteur israélien un immense potentiel et l’invite à venir le retrouver dans la ville lumière Paris.

Ici débute sa gloire mais également la route qui le conduira à sa perte !

Nous sommes maintenant en 1973 : la carrière de celui qui s’appelle dorénavant "Mike Brant" a pris son envol et ne semble plus vouloir s’arrêter. Dans la loge d’un des multiples concerts qu’il donne dans l’hexagone, je retrouve un jeune homme soucieux de son avenir.

Il ressent en lui une terrible peur, il veut s’enfuir de cette vie, et redevenir celui qu’il était auparavant. Des ombres étranges rôdent autour de lui et réclament leur dû. Il sait qu’il ne pourra éternellement s’enfuir. Il exige une protection maximale lors de ses concerts, sursaute au moindre pétard ou bruit suspect.


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Nous voilà arrivés dans les derniers mois de sa vie. Il cherche dans la paisible Helvétie un refuge qu’il ne trouvera pas et là je peux constater que les ombres menaçantes reviennent vers lui, elles cherchent à lui soutirer son fameux collier protecteur.

Ce collier dont je ressens qu’il a été forgé dans la souffrance et qu’il dégage des ondes certes protectrices mais épuisent celui qui le porte en se « nourrissant » de sa propre énergie !

C’est à "l’hôtel de la Paix" à Genève dans une froide journée d hiver de 1974 que ces forces obscures passent à l’action alors que le chanteur vient d’avoir une terrible confrontation avec son manager Simon Wajentrob au sujet de royalties qu’ils ne lui ont pas été réglées.

Alors que ce dernier décide de prendre une douche en s’éloignant de son "poulain", ces énergies négatives entre en action, elles "poussent" Mike Brant vers le balcon de l’hôtel ce dernier lutte mais ne peut résister, il est littéralement soulevé du sol, est projeté à l’extérieur par un concours de circonstances miraculeux, en tombant son pied gauche s’accroche à la rambarde du balcon du dessous lui sauvant ainsi une première fois la vie.

Mike Brant est sauvé ! Mais il sait pertinemment que personne ne le croira. Il garde alors le silence et valide à contre cœur la théorie du possible suicide, il cherche à préserver sa carrière.


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Après une convalescence de quelques mois, je le retrouve à Paris avec une nouvelle soif de vivre. Il veut se convaincre que tout est encore possible, il déborde de multiples projets et renoue avec son ancien parolier Jean Renard.

Alors que la vie semble à nouveau lui sourire et qu’il récupère sa santé, nous nous retrouvons dans sa dernière journée de vie : nous sommes le vendredi 25 avril 1975.

Il vient de passer une dernière nuit chez une amie de longue date, Jeanne Cacci, au sixième étage de l’immeuble situé au 06 rue Erlanger à Paris.

La nuit a été longue et angoissante, Mike n’a pas réussi à trouver un sommeil réparateur. Il est de plus en plus tourmenté, je le vois appeler sans cesse un numéro de téléphone mais personne ne lui répond, cela le désespère !

Tout en étant occupé, il a omis de remêttre autour de son cou le collier qu’il a précédemment retiré, je le vois se précipiter dans sa chambre mais il n’arrive plus à le retrouver ! Il appelle son amie Jeanne qui ne l’entend pas, elle est sous la douche.

Mike est paniqué, sa seule protection vient de disparaître. Mais qui ? Pourquoi ? comment ? Il est trop tard pour savoir, trop tard pour se sauver, déjà de ténébreux nuages sortis de nulle part commencent à l’entourer lui empêchant de rester dans l’appartement et le poussant vers le balcon extérieur.

Nous sommes au sixième étage et une chute de cette hauteur lui serait fatale ! Il le sait, il ne peut encore se déplacer correctement, sa jambe gravement blessée dans l’accident de Genève l'empêche de se mouvoir comme il le souhaiterait.

Il est acculé vers la rambarde, il s’agrippe de toute ces forces mais un gigantesque vent le soulève et le fait tomber dans le vide. Je l’ entends pousser un cri horrible celui d’ une personne qui ne souhaite pas mourir mais il est pourtant trop tard, son corps git au sol, tout est terminé.

On cherchera dans les jours et les mois suivants de multiples raisons à ce que certain appelleront un suicide, mais il en restera finalement une vie brisée par des puissances obscures qui lui ont apporté la gloire et le succès mais à quel prix !

MIKE BRANT avait dit un jour à ses proches : "je finirais vedette ou clochard".

Il restera éternellement une étoile allumée dans le cœur des gens qui l’ont aimé.



Michel Genovese pour AVS 2017

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